Le chef de Rossotroudnitchestvo Mme Eléonora Mitrofanova a inauguré l’exposition dédiée aux destins des Juifs soviétiques dans le cadre d’un projet international à l’occasion du 75ème anniversaire de la Grande Victoire

La première étape du projet d’envergure internationale et à long terme intitulé « Chemin vers la Victoire: Juifs soviétiques pendant la Seconde Guerre mondiale » a été solennellement lancé le 29 janvier au Centre de Russie pour la science et la culture à Paris. L’exposition documentaire interactive est le résultat d’un travail de recherche de longue date organisé par la Fondation des Archives Blavatnik (USA).

La Fondation des Archives Blavatnik est une organisation à but non lucratif fondée en 2005 par le philanthrope, industriel américain et britannique L.Blavatnik. L’activité de la Fondation vise à collecter, à conserver et à publier des documents et des mémoires concernant divers aspects de l’histoire juive et mondiale du XXesiècle, où la période de la Seconde Guerre mondiale occupe une place particulièrement importante.

Le contenu de l’exposition a été collecté durant environ 15 ans, dans 11 pays du monde: Russie, Biélorussie, Allemagne, Israël, Canada, Lettonie, Lituanie, Moldavie, USA, Ukraine et Estonie. Sur les écrans interactifs du CRSC, sont projetés des vidéos de mémoires et des témoignages uniques de 1 200 anciens combattants, dont plusieurs, hélas, ne sont plus en vie.

Des textes numérisés, des cartes et des infographies, des clichés, des journaux intimes et des lettres sont présentés au public dans le cadre de cette exposition, qui se tiendra à Paris jusqu’à mi-avril de l’année en cours.

Le projet commun est organisé par l’Agence fédérale Rossotrudnichestvo et la Fondation américaine à l’occasion du 75e anniversaire de la Grande Victoire sur le fascisme, de la levée du siège de Leningrad, du 75e anniversaire de la libération d’Auschwitz et de la Journée internationale de commémoration à la mémoire des victimes de l’Holocauste

L’inauguration solennelle de l’exposition a été l’occasion d’attirer l’attention au sujet de l’histoire de la Seconde Guerre mondiale un nombre important de fonctionnaires français, des représentants du corps diplomatique, de l’UNESCO, de la communauté historique, des associations des musées et des vétérans.

Le Ministre de la Culture de la France Monsieur F.Riester a adressé son soutien quant à l’initiative, à l’idée et aux objectifs de l’exposition, ainsi que ses vœux de réussite pour son déroulement.

Le Directeur général de l’UNESCO, Mme Audrey Azoulay, a adressé ses salutations aux organisateurs de l’exposition.

Dans son allocution de bienvenue, le chef de Rossotrudnichestvo, Mme Eléonora Mitrofanova, a précisé qu’ « en Russie, 2020 a été déclarée Année de la Mémoire et de la Gloire. La mémoire des victimes de la guerre la plus terrible et destructrice. La gloire gagnée dans les batailles de peuples et de nations entières, qui ensemble portaient le lourd fardeau de la responsabilité de la préservation de la civilisation et de la vie sur Terre. Ceux qui ont survécu et gagné!».

Elle a rappelé que « Nous venons d’assister à une cérémonie touchante en Israël en hommage aux victimes de l’Holocauste, où le Président de la Russie et des représentants officiels de 60 États avaient également pris part ».

«Cela n’est pas surprenant, car c’est en Russie et en Israël que la mémoire des pages héroïques et tragiques de l’histoire de la Seconde Guerre mondiale est préservée et vénérée avec le plus d’attention et de sacralité. Nous n’oublierons jamais les 6 millions de victimes de l’Holocauste et les 27 millions de citoyens soviétiques morts pendant la guerre… En prenant le relais de Jérusalem, Rossotrudnichestvo et la Fonadation américaine “Les Archives Blavatnik ” présentent un projet d’exposition internationale exceptionnel», a poursuivi dans son discours le chef de Rossotrudnichestvo.

Elle a souligné: « La pertinence de cette exposition est difficile à surestimer. Au front, plus de 500 000 personnes ont combattu, dont plus de 40% ont été tuées. À l’arrière, il y avait 70 détachements de partisans, presque entièrement composés de combattants juifs».

Mme Mitrofanova a rajouté que « les objets exposés sont en effet les preuves authentiques de la vérité historique, manifestant la falsification délibérée et cynique de l’histoire de la Seconde Guerre mondiale, la mission de libération de l’Armée rouge, et donc présentent non seulement la mémoire, mais aussi une réponse à cette falsification délibérée de l’histoire».

En outre, lors de la cérémonie d’ouverture se sont prononcés l’ancien Directeur général de l’UNESCO Irina Bokova, Son Excellent Monsieur l’Ambassadeur, Délégué permanent de la Russie auprès de l’UNESCO Alexandre Kouznetsov, le Directeur de la Fondation Julia Chervinsky, l’Ambassadeur de bonne volonté de l’UNESCO, l’Envoyée spéciale de l’UNESCO pour la diplomatie culturelle Hedva Ser (France), le prêtre George (Sheshko) du diocèse de Chersonèse de l’exarchat patriarcal en Europe occidentale (cathédrale de la Sainte Trinité situé au quai Branly à Paris), les historiens O.Boudnitsky (de l’École des hautes études en sciences économiques) et K.Moguilevsky (de la Société d’histoire russe).

Parmi les invités d’honneur figuraient Eric de Rothschild, président du Mémorial de la Shoah, et des représentants de plusieurs organisations juives réputées en France.

La cérémonie de l’inauguration de l’exposition a été assistée par des représentants du corps diplomatique à Paris, y compris des représentants des ambassades des pays de la CEI, de l’Allemagne, d’Israël, de la Pologne, de la Slovaquie et d’autres pays.

La manifestation historique et culturelle russo-américaine a suscité un grand intérêt parmi les associations de vétérans. Des représentants ont été envoyés par le Mémorial de Normandie-Niémen (lieutenant-colonel B.Brière), l’Union française des associations d’anciens combattants et des victimes de la guerre (président D.Lepine), la Fédération nationale des anciens des missions extérieures et opérations extérieures (président L.Attar-Bayrou), la Fédération des anciens combattants en France (Vice-président D.Castagno).

Des partenaires de longue date de la communauté muséale sont arrivés au CRSC: le Centre européen du résistant déporté (directeur G.d’Andlau) et l’Association « Normandy-Remembrance» (Président, historien P.Brunel).

La cérémonie d’ouverture a été soutenue par un groupe représentatif de compatriotes russes dont le comte Petr Chérémetiev, président de la Société de musique russe à Paris et recteur du Conservatoire russe de Paris. Serge Rachmaninoff ; le prince Dimitri Chakhovskoy, président de l’Union de la noblesse russe, Guéorgui Chépélev président du Conseil de coordination des compatriotes russes de France (CCCR) et les membres les plus actifs du CCCR.

La tonalité et la perception de cet événement culturel majeur s’inscrivent avec succès dans le contexte du Vème forum mondial sur l’Holocauste organisé quelques jours auparavant à Jérusalem avec la participation de Vladimir Poutine, le chef d’Etat d’Israël et les principaux représentants mondiaux d’autres États. Le thème et le contenu de l’exposition vont de paire avec la cérémonie commémorative qui s’y est déroulée et les idées conceptuelles d’une vision du monde moderne avec l’attitude à défendre la vérité historique concernant la guerre et la mission de libération de l’Armée rouge.

Lors de l’exposition à Paris, un vaste programme de visites guidées, d’événements et de rencontres dans le cadre de l’exposition est prévu. Le CRSC propose également des événements destinés aux jeunes scolaires et étudiants, aux compatriotes, aux organisations françaises et juives, et s’adresse à un large public autour du contenu documentaire insolite de l’exposition.

Dans le cadre de la manifestation, le concert « A la découverte des chansons juives soviétiques en yiddish de la Seconde Guerre mondiale » prévu pour le 12 février de cette année a une signification importante. Ce brillant projet international sera également mis en œuvre sur la scène du CRSC à Paris avec la participation du poète-chansonnier Psoy Korolenko (Russie – USA) et le professeur d’histoire à l’Université de Toronto Anna Shternshis.

Après cette étape parisienne, l’exposition de la Fondation se poursuivra dans le cadre des festivités du 9 mai dans l’une des principales salles d’expositions d’Israël puis, en septembre de cette année, se tiendra à Berlin dans les locaux de la Maison russe des sciences de la culture et sera dédiée au 75e anniversaire de la fin de la Seconde Guerre mondiale.