La «Jeanne d'Arc belge» était au cœur des discussions à Bruxelles

Le Centre culturel et scientifique de Russie à Bruxelles a organisé une conférence consacrée à l'héroïne de la Résistance belge, Marina Chafroff-Maroutaeff

Voici comment l'historien, écrivain et blogueur espagnol, Ramón Puig a décrit Marina Chafroff-Maroutaeff dans son article : « Une femme qui, il y a 75 ans, était outrée par ce qui se passait sous ses yeux ». Lors d'une conférence organisée par le Centre culturel et scientifique de Russie à Bruxelles, le 1er octobre 2020, il a évoqué le travail qu'il a accompli afin que Bruxelles voit revivre Marina. Durant son discours, il a montré des photos de la maison où Marina Chafroff-Maroutaeff a vécu avec sa famille, ainsi qu’une photo de sa sépulture, et quelques documents récemment retrouvés.

L’invité d’honneur de la soirée était le fils de Marina, Vadim Maroutaeff. Même s’il n'avait que 4 ans quand sa mère a été exécutée, il y a des choses qu’il voulait raconter. Il a parlé de sa mère, de sa famille et de la vie en Belgique pendant et après la Seconde Guerre mondiale. Il a conclu son discours en disant qu'il n'y a pas de vainqueur dans une guerre, il faut s'en souvenir pour prévenir de nouveaux conflits.

En ouvrant la réunion virtuelle, la directrice du Centre, Vera Bunina, a précisé que la réunion était consacrée à un événement exceptionnel, lié à l'histoire commune de la Russie et de la Belgique. En effet, Marina Chafroff-Maroutaeff est une héroïne de la résistance belge, d'origine russe.

Elle est née en Russie en 1908.  Elle est la fille d'Alexandre Alexandrovitch Chafroff, capitaine de premier grade et participant de la défense de Port Arthur. Tout comme d'autres familles d'officiers de l'armée tsariste, la petite Marina et sa famille ont trouvé refuge en Belgique. C’est ici, à Bruxelles, qu’en 1941, que la jeune femme s'est sacrifiée en prenant consciemment le chemin de la lutte active contre le nazisme.  Son acte est devenu l'un des plus célèbres de la Résistance belge.

Devant le bureau du commandement militaire, à Porte de Namur, Marina a poignardé le commandant militaire allemand adjoint de la ville; après l'événement, elle a réussi à se cacher. En représailles, les Allemands ont pris 60 personnes en otage. Afin de leur sauver la vie, Marina Chafroff-Maroutaeff a décidé de faire des aveux, d'autant plus qu'elle avait éliminé un autre officier allemand lors de son arrestation. Malgré l'intervention de la reine des Belges, Elizabeth, qui demandait à ce que la mère de deux jeunes enfants soit graciée, c'est Hitler en personne qui prononça sa sentence: la guillotine.

Pour son courage et son dévouement, elle a reçu pour nom, la Jeanne d'Arc belge.  L'héroïne russe de la Résistance belge a reçu les plus hautes distinctions militaires des deux pays, pour la libération desquelles elle a combattu, à titre posthume.

Si vous n'avez pas encore vu l'enregistrement de la conférence, n'oubliez pas de le visionner ici