Le maestro Andreï Chevtchouk a donné le tempo: : la vie doit être vécue Presto, et non Andante.

Il fait part de ses attentes quant à sa rencontre avec le public, sur le thème des compositeurs russes en exil.

Le maestro Andreï Chevtchouk est un concertiste international, il s'occupe de la sensibilisation à la musique. L'année dernière, il a entamé une série de conférences au CCSR à Bruxelles, intitulée « Chefs-d'œuvre de la musique de film ». Cette année, il continue à partager son opinion sur le rôle de la musique dans l'histoire, et il organise dans ce cadre,  des réunions en ligne avec le CCSR. La réunion du 12 novembre sera consacrée aux compositeurs russes en exil; le rôle de la musique russe à l'étranger a attiré chercheurs et artistes. Le maestro s'intéressera en particulier aux éléments suivants: les œuvres françaises dans le cinéma soviétique et russe. 

« En effet, la Russie en connaît plus sur le cinéma occidental que l'Occident n’en connaît sur le cinéma russe », a déclaré monsieur Chevtchouk. D’après lui, le rideau de fer est toujours suspendu du côté européen. Une collaboration entre réalisateurs russes et européens est nécessaire pour l'élargissement des horizons du public occidental. De même, une coopération entre compositeurs russes et occidentaux est indispensable afin de traduire les dialogues, faire la voix des films et créer les sous-titres.  

Le public occidental aura de quoi régaler son regard. « Le cinéma russe, contrairement au cinéma occidental, est étroitement lié au théâtre », dit Andreï Chevtchouk : en effet, la plupart des acteurs russes sont des gens du théâtre. De ce fait, le public occidental pourra découvrir une autre facette du cinéma.

A titre de comparaison, on constate une nette différence dans les adaptations cinématographiques d'œuvres classiques russes : la version russe différant de la version occidentale non seulement par les cadrages, mais aussi par le travail de réalisation. Ainsi, les adaptations d'Anna Karénine sont radicalement différentes. Finalement, les films de guerre russes seront une découverte pour le spectateur l'étranger, car les thèmes soulevés sont très profonds et le jeu des émotions est très fort. 

Andreï Chevtchouk cherche à raconter les événements historiques à la génération moderne. L'art moderne est basé sur le travail des siècles précédents. Les œuvres, qui sont réalisées sans aucun recours à l’histoire de l'art, sont plates et monotones. Monsieur Chevtchouk présente au public un cadre de paix afin d'éveiller l'intérêt du public pour les détails. Il craint que la profondeur du cinéma russe du XXe siècle, les sommets des œuvres des compositeurs russes ne deviennent bientôt incompréhensibles pour les plus jeunes. Le rythme effréné des nouveaux médias façonne une toute autre perception de l'art et du monde, et il est d'ores et déjà difficile de rester concentré afin d'observer attentivement une peinture nécessitant la plus grande des attentions. 

Dans le cinéma du XXe siècle, les pensées des personnages sont transmises dans un rythme plus lent, et l'image change moins souvent.

Si nous utilisons la terminologie musicale, alors les médias modernes préconisent le rythme presto, ce qui signifie vitesse. AndreÏ Chevtchouk estime qu'aujourd'hui, la principale tendance de l'art consiste à impressionner le public, mais est-ce que le spectateur en retire quelque chose? 

Andreï Chevtchouk préconise l'utilisation des projections grand écran pour travailler sur la création d'une large palette de connaissances, qui sera présentée au public, en sautant de l'andanteau presto.

La réunion artistique se tient dans le cadre de la conférence internationale « La diaspora russe en Belgique : destins uniques et héritages culturels », consacrée au 100eanniversaire de l’« exode russe ». Le maestro parlera des destins des compositeurs russes en exil et ceux qui sont revenus. 

« Une époque où un pays perd don élite est une époque tragique », dit-il.

Il compare la période d'émigration à la perte de la terre qui empêche la naissance de nouveaux talents. Il est particulièrement important, a-t-il ajouté, d'attirer l'attention sur cette situation afin qu'elle ne se répète pas. 

De même, il espère qu'un jour viendra le temps du « retour russe », où la Russie accueillera ses compatriotes revenus de pays étrangers et de nouveaux invités venus d'ailleurs. 

La Russie a des choses à montrer, et avec le temps, l'intérêt pour la culture russe ne fera que croître.